LA CHARIA
En Islam, "Charia" désigne l'ensemble des règles islamiques qui régissent tous les aspects de la vie religieuse, sociale et individuelle.
Le mot charia (ou ses dérivés : char' et chir'ah) est cité dans le Coran comme étant la voie à suivre par les musulmans : « ...Juge donc parmi eux d’après ce que Dieu a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t’est venue. À chacun de vous, Nous avons assigné une voie (chir'ah) et un plan à suivre... » S.5, V. 48
« Il a légiféré (chara'a) pour vous en matière de religion, ce qu’Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : "Établissez la religion ; et n’en faites pas un sujet de divisions... » S.42, V.13
« Puis Nous t’avons mis sur la voie (charî'a) de l’Ordre (une religion claire et parfaite). Suis-la donc et ne suis pas les passions de ceux qui ne savent pas. » S.45, V.18
En Arabe, « charia » vient de la racine šara'a, qui signifie « ouvrir, devenir clair ». Un lexique précise que le terme « charia » fait référence à un chemin droit et clair, mais aussi à un endroit irrigué où les êtres humains et les animaux viennent boire à condition que la source d’eau soit un ruisseau ou une rivière en mouvement. Lily Zakiyah Munir précise que charia dérive de la racine arabe šar', qui signifie à l’origine « la voie qui mène à l’eau », ce qui peut être interprété comme « la voie qui mène à la source de la vie ». Utilisé dans un sens religieux, ce terme signifie « la voie vers Dieu », car le but de la vie d’un musulman est Allah (Dieu).
Mohammed El Shakankiri précise que la distinction existant en islam entre révélation et inspiration pose des difficultés sur le plan théologico-juridique. Selon lui, la charia est la voie (ou Chemin des croyants), le Fiqh est « l'intelligence, l'explication et l'interprétation de la charia ». Selon Shakankiri, à cause de l'insuffisance de la loi révélée à règlementer tous les problèmes juridiques dans la civilisation islamique, le domaine de la charia s'est étendu jusqu'à contenir des règles d'origine non-religieuse.
Dans son sens le plus large, la charia se compose :
- de l’ilm ut-tawhid ou usul ud-din (système théologique, qui se rapporte à la dimension dénommée iman, faisant référence à la foi)
- du tasawwuf pour les soufis en tant que représentation de l’ihsan (littéralement, la bienfaisance) en tant que système éthique et mystique,
- du fiqh (en tant que système législatif, qui se rapporte à la dimension dénommée islam, faisant référence à la soumission absolue à Dieu).
Le plus souvent, la charia est comprise dans son acception la plus étroite de système légal. En ce sens, elle est parfois assimilée au fiqh.
La charia n’a jamais été codifiée dans un livre de lois, mais se comprend plus comme une opinion partagée par la communauté des musulmans, fondée sur de nombreuses sources. De plus, la charia n’a pas été écrite sous l’autorité d’un corps particulier (en effet, l’islam sunnite et kharidjite ne dispose pas d’un clergé).
Seyyed Hossein Nasr, dans son ouvrage The Ideals and Realities of Islam décrit la façon dont la charia a été codifiée. Selon lui, le Coran contient potentiellement toute la Loi divine, mais pas de manière explicite, ni factuelle. Un processus graduel a donc permis de codifier cette loi dans une forme exotérique qui soit applicable à tous les domaines de la vie d’un musulman.
Pour les sunnites, les principes de la Loi divine contenus dans le Coran ont été expliqués dans les hadith et la sunna prophétique, qui forment ensemble la deuxième source primaire de la loi. Ces sources ont par la suite été acceptées et comprises par consensus (ijmâ) dans la société islamique de l’époque. Enfin, le raisonnement par analogie (qiyâs) a permis de compléter cette Loi lorsque cela était nécessaire.
Le Coran et les hadiths sont les deux sources les plus importantes, acceptées par l’ensemble de la communauté musulmane (Oumma). L’ijmâ et le qiyas ne sont pas reconnues par les chiites, et les différentes écoles (madhab) divergent quant à l’utilisation du qiyâs.
À ces sources s’ajoutent plusieurs autres sources secondaires :
- l’opinion personnelle ou istihsân (approbation)
- l’istislâh, prise en considération de l’intérêt général
- l’ijtihad, effort de réflexion personnelle basée sur les principes généraux de l’islam. Elle est pratiquée par les muftis (juristes) ou les mujtahid (savants).
- l’imitation des décisions des anciens (taqlid), par opposition à l’ijtihad
- la coutume (Ma`rouf ou `âdah). C’est ainsi que des coutumes préislamiques ont été intégrées dans la loi musulmane.
Extrait (à titre d'information) de www.wikipedia.org